Le saïga (Saiga tatarica) est une antilope des steppes d’Asie centrale aujourd’hui classée comme espèce en danger critique d’extinction par l’UICN. Ses populations ont connu un effondrement spectaculaire depuis les années 1990, principalement à cause de l’action humaine et de facteurs environnementaux.

Une survie compromise…

1. Le braconnage et le commerce illégal

La menace la plus importante reste le braconnage, en particulier des mâles, pour leurs cornes. Celles-ci sont utilisées dans certaines médecines traditionnelles, notamment en Chine et en Asie du Sud-Est, où elles sont considérées comme ayant des propriétés thérapeutiques.
Cette chasse ciblée a provoqué une forte diminution du nombre de mâles, entraînant un déséquilibre sexuel dans les populations. Dans certaines zones, on comptait moins d’un mâle pour dix femelles, ce qui limite fortement la reproduction et fragilise l’espèce à long terme.

Malgré l’interdiction du commerce international des cornes de saïga, le trafic persiste en raison de la pauvreté dans certaines régions et de la valeur élevée de ces produits sur le marché noir.

2. Les maladies et les épidémies

Le saïga est particulièrement vulnérable aux épidémies en raison de son comportement grégaire : les individus vivent et migrent en grands troupeaux. Cette promiscuité facilite la propagation rapide des agents pathogènes.

En 2015, une épidémie de pasteurellose hémorragique a causé la mort de plus de 200 000 saïgas au Kazakhstan en quelques semaines, soit près de la moitié de la population mondiale à l’époque.
Les scientifiques ont montré que cette maladie, habituellement présente chez l’animal sans être mortelle, est devenue fatale à cause de conditions climatiques inhabituelles (chaleur et humidité élevées), ce qui suggère un lien entre changement climatique et mortalité massive.

3. La perte et la fragmentation de l’habitat

Le saïga dépend des vastes steppes ouvertes pour ses migrations saisonnières. Or, ces territoires sont de plus en plus affectés par l’agriculture intensive, l’élevage, l’urbanisation et la construction d’infrastructures (routes, voies ferrées, clôtures).

Ces aménagements fragmentent l’habitat et bloquent les routes migratoires traditionnelles, empêchant les troupeaux d’atteindre leurs zones de reproduction ou de pâturage. Cette fragmentation augmente également la mortalité, notamment chez les jeunes, et réduit l’accès à des ressources essentielles comme l’eau et la nourriture.

4. Les effets du changement climatique

Le changement climatique accentue toutes les autres menaces. Les hivers plus rigoureux provoquent des épisodes de « dzud » (fortes chutes de neige et gel), rendant la nourriture inaccessible. Les sécheresses estivales réduisent la qualité des pâturages, affaiblissant les individus.

De plus, les variations rapides de température et d’humidité favorisent l’apparition de maladies et augmentent le stress physiologique des animaux, ce qui diminue leur résistance aux infections.

5. La faible diversité génétique

Les chutes brutales des effectifs ont entraîné une réduction de la diversité génétique, ce qui rend l’espèce plus vulnérable aux maladies et moins capable de s’adapter aux changements environnementaux. Une population génétiquement pauvre est plus fragile face aux perturbations, ce qui accroît le risque d’extinction.